Maya en Nouvelle Caledonie

A l'autre bout du monde,la Nouvelle Calédonie:une île perdue dans le Pacifique ,une harmonie subtile de différences insoupçonnées de paysage,de culture et de moeurs...

mercredi, mars 05, 2008

L'igname en Nouvelle Calédonie:espèces et variétés

Le nom scientifique de l'igname est Dioscorea. Il s'agit d'une plante à tige volubile (grimpante) et à grands tubercules souterrains pouvant atteindre 3,3 mètres de long.

Seules 7 espèces sur 130 sont comestibles.
Le tubercule, suivant les espèces, peut être unique ou comporter plusieurs tubercules associés. Son goût varie selon les périodes de l’année et selon les variétés.

Ce légume présente une peau dure, épaisse et légèrement velue ou rugueuse. Il est de forme allongée garni de multiples radicelles.

Sa chair se pare d'une palette de couleurs: blanc, jaune, rouge, lilas. Elle est farineuse, un peu sèche au goût douceâtre.





En Nouvelle-Calédonie la culture de l’igname à une grande importance, d’une part parce qu’elle est présente dans l’alimentation de la population mais aussi parce qu’elle est essentielle dans les rites coutumiers (mariage, naissance, inauguration…).

Ceci implique une double demande sur le territoire et surtout sur Nouméa :

  • des ignames de petite taille pour la consommation : l’igname restant très cher, les consommateurs préfèrent acheter de petits tubercules (pour le marché elle est récoltée davantage autour de 1 à 3 kg).
  • des ignames de grande taille uniquement pour la coutume(l'igname peut peser environ 15 kg avec un diamètre de 50 cm à sa plus grosse extrémité mais peut atteindre jusqu'à 25 kg).
A Lifou, l' époque de plantation correspond à l’arrivée des baleines qui viennent mettre bas dans la baie de Santal. Mais également cette époque permet un enracinement suffisant avant les grandes pluies cycloniques.
Dès la sortie des premiers bourgeons, les tuteurs sont mis en place.
Alors commence une période pendant laquelle le risque de famine est grand, puisque de août à mars les réserves diminuent sans possibilité de remplacement. Alors symboliquement on apporte des offrandes au grand chef pour qu’il ne manque pas de nourriture. Des repas rituels sont organisés sur la base de certaines plantes pour bien montrer que l’on s’organise pour lutter contre la disette.
Les ignames nouvelles ne seront récoltées qu’à la lune de mars lorsque apparaît la constellation des Pléïades. Ce sont des vieux qui bénéficient des premières récoltes faites très discrètement pour vérifier que le temps est bien venu. Le responsable rituel de la récolte va alors récolter une igname symbole, la fait cuire, en mange une partie et donne l’autre à goûter au grand chef. Celui ci déclare alors ouverte la période de la récolte. Une première cérémonie réunit les hommes autour de l’igname nouvelle au cours de laquelle sont prononcés des discours qui développent encore le mysticisme et la poésie de l’igname.

Deux semaines plus tard, une nouvelle cérémonie, permet à tous les clans de venir apporter leurs offrandes au grand chef selon un cérémoniel précis qui revêt un caractère quasi religieux et est accompagné de nouveaux discours.
(www.asterducaillou.nc)

LES NOUVELLES CALEDONIENNES-
(édition du 21/03/2008)

Les racines de la coutume
L’igname nouvelle est arrivée. Comme chaque année, les Kunié se sont réunis autour de leur grande chefferie pour fêter ce tubercule. Chacun a reçu, selon des rites coutumiers, sa part d’igname.

Après une nuit passée dans l’enceinte de la chefferie, dont la surveillance avait été confiée à la tribu de Gadgi, les ignames nouvelles ont été fêtées par les Kunié.
Ils étaient nombreux, mardi, à venir présenter à leur grand chef leurs ignames tout juste sorties de terre.
Après une journée passée à recevoir les clans, Hilarion Vendegou a adressé son discours à la population durant lequel il est revenu sur une année riche en événements. Le temps des mots révolu, les habitants de l’île ont formé une grande chaîne afin de transporter
les précieux tubercules dans le moua kou, la maison des ignames. Puis, Bernard Gidrol, le prête est venu bénir les fruits de ce travail annuel.
À l’issue des rites traditionnels, les ignames ont ensuite été rassemblées et partagées entre tous les membres des différentes tribus. Puis, la population s’est rendue à la baie de Saint-Maurice où les attendaient les représentants des clans de la mer. Ils ont offert neuf tortues, une par tribu et une pour les visiteurs.
Chacun est, ensuite, rentré à son domicile pour déguster, en famille, les premières ignames de l’année.

Les Kunié se sont rassemblés en une grande chaîne pour transporter dans le moua kou, la maison des ignames, ces tubercules nouveaux, devenues symbole de réconciliation.

Cette année, le souffleur, appelant la population à se rassembler dans la grande chefferie, était Adrien Apikaoua.

Toutes les générations participent à cette fête de l’igname. Ils doivent apprendre les gestes ancestraux et coutumiers liés à cette tradition.

À la baie de Saint-Maurice, les représentants des clans de la mer ont offert les neuf tortues, une par tribu et une pour les visiteurs. La loi autorise la chasse de ses animaux protégés lors des événements coutumiers tels que la fête de l’igname nouvelle.




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